Crapaud géant

Bufo paracnemis 

Aussi nommé « Crapaud Buffle », le nom donné à ce batracien s’explique par son envergure impressionnante pour l’espèce. Il mesure généralement entre 15 et 20 cm et pèse entre 1 et 2 kg. Le plus gros spécimen jamais rencontré pesait 2,65 kg pour 38 cm de long !

Répartition/Habitat : Il est originaire d’Amérique tropicale. On le rencontre ainsi dans une vaste partie septentrionale de l’Amérique du Sud, en Amazonie, mais aussi en Amérique Centrale et au Texas. En outre, cet animal a été introduit dans de très nombreux pays et continents (Australie, Caraïbes, Fidji, Nouvelle-Guinée, Etats-Unis, etc…) pour lutter contre les nuisibles en agriculture, grâce à se voracité et sa peau toxique. Il est aujourd’hui plus présent dans les régions où il a été introduit que dans ses terres d’origine.

Le Crapaud buffle vit dans les prairies et les bois humides, et montre également une attirance particulière pour les milieux artificiellement modifiés par l’homme comme les jardins, les fossés de drainage, les plantations de canne à sucre, les chemins ou les parcs. Dans son habitat d’origine, le crapaud peut aussi être rencontré en forêts subtropicales, bien que le feuillage dense limite ses déplacements.

Mœurs :  C’est un animal nocturne que l’on peut rencontrer la journée sous des arbres tombés à terre, des feuilles de cocotiers ou toutes sortes d’abris similaires. Il est exclusivement terrestre, s’aventurant seulement en eau douce pour pondre. Le Crapaud buffle peut supporter des températures maximales de 40 à 42 °C et minimales de 10 à 15 °C mais est capable de s’adapter à un nouvel environnement. Il est aussi très tolérant à la déshydratation. Une étude a montré qu’il pouvait supporter une perte d’eau correspondant à 52,6 % de l’eau de son corps, ce qui lui permet de survivre sous des climats non tropicaux.

Le Crapaud buffle possède des glandes qui sécrètent du poison, et son têtard est très toxique pour la plupart des animaux susceptibles de l’ingérer. En plus de ses toxines, ce crapaud est capable d’inspirer une grande quantité d’air dans ses poumons pour gonfler son corps et paraître ainsi plus grand et plus gros face à un prédateur.

Alimentation : Ce batracien repère ses proies principalement par la vue, mais peut également utiliser son odorat. Son régime est très varié. En plus de ses proies classiques (petits rongeurs et reptiles, amphibiens, oiseaux, invertébrés, etc…), il peut parfois manger des plantes, de la nourriture pour chien ou des déchets ménagers. Il saisit ces proies avec sa langue qu’il déploie très rapidement, en quelques centièmes de secondes. Il les avalent entières.

Les têtards se nourrissent d’algues et autres plantes aquatiques qu’ils râpent grâce à leurs 5 rangées de minuscules dents. Ils filtrent également l’eau pour en extraire de la matière organique. Les têtards de plus grande taille peuvent parfois consommer des œufs de leur propre espèce.

Reproduction : Les femelles, matures à partir de l’âge de 2 ans, sont très prolifiques. Elles pondent dans l’eau, dans des mares, des étangs, des fossés, des ruisseaux ou des canaux, entre 8 000 et 25 000 œufs qui forment de longues chaînes gélatineuses pouvant mesurer jusqu’à 20 mètres de longueur. Ces œufs sont noirs et couverts par une membrane. Ils mesurent entre 1,7 et 5 mm de diamètre. L’œuf devient têtard d’autant plus vite que la température est haute. Les têtards éclosent après 48 heures généralement, mais ce laps de temps peut varier entre 14 heures et presque une semaine. Ce sont des centaines de petits têtards noirs avec une petite queue qui éclosent en même temps. Il faut entre 12 à 60 jours (4 semaines en général) pour que le têtard devienne un petit crapaud. Tout comme l’adulte, l’œuf et le têtard sont toxiques pour de nombreux animaux.

Longévité : Leur espérance de vie est de 10 à 15 ans à l’état sauvage, mais ils peuvent vivre beaucoup plus longtemps en captivité.

Menaces/Protection :  Ce batracien est considéré comme nuisible car invasif dans beaucoup de régions dans lesquelles il a été introduit. Le principal problème posé est l’empoisonnement de nombreux animaux par sa peau toxique. Mais pour autant, cette espèce n’est pas du tout menacée.